C’est une question qui revient chaque année à l’approche de l’ouverture : après trois, dix ou vingt saisons sans toucher un fusil, faut-il repasser l’examen ? La réponse est non. En revanche, une obligation introduite il y a six ans arrive à maturité, et elle peut bloquer une validation de permis à partir de l’automne 2030. Le point sur ce que chaque titulaire doit avoir en tête.
Le permis est acquis à vie, la validation se renouvelle chaque année
Il faut d’abord distinguer deux documents que beaucoup de chasseurs confondent. Le permis de chasser est le titre obtenu après l’examen : une fois délivré, il ne comporte aucune date de péremption. Seule une décision de justice peut en priver son détenteur. La Fédération nationale des chasseurs (FNC) l’a rappelé début septembre dans un message diffusé sur ses réseaux sociaux, relayé par la presse cynégétique.
Ce qui se renouvelle, c’est la validation : l’autorisation annuelle de chasser effectivement, sur une saison donnée. Un chasseur qui a rangé son matériel pendant plusieurs années n’a donc rien à repasser. Il lui suffit de redemander une validation auprès de la fédération départementale de son choix, via le guichet unique prévu à cet effet.
Cette démarche suppose toutefois d’être en règle sur trois points : le paiement des cotisations fédérales, celui des redevances cynégétiques, et la souscription d’une assurance chasse. Sans attestation d’assurance, aucune validation n’est délivrée — c’est une condition bloquante, pas une formalité.
La remise à niveau décennale : d’où vient l’obligation
Le point nouveau se situe sur le volet sécurité. La loi n° 2019-773 du 24 juillet 2019, celle qui a créé l’Office français de la biodiversité (OFB) et redéfini les missions des fédérations de chasseurs, a posé le principe d’une remise à niveau obligatoire tous les dix ans sur les règles élémentaires de sécurité. Chassons.com souligne que le Sénat a présenté ce texte comme une étape importante du renforcement de la sécurité à la chasse.
Le dispositif a ensuite été précisé par l’arrêté du 5 octobre 2020 relatif à la sécurité en matière d’activité cynégétique, publié au Journal officiel du 15 octobre 2020. Trois éléments à retenir de ce texte :
- l’échéance des dix ans se calcule à partir de la date de délivrance du permis ;
- le programme de la formation est arrêté par la FNC, après avis de l’OFB ;
- ce sont les fédérations départementales qui informent et convoquent les chasseurs, en particulier à l’approche de l’échéance.
Concrètement, cela crée deux situations. Les titulaires d’un permis délivré avant le 5 octobre 2020 bénéficient d’une période de transition de dix ans courant à compter de la publication du texte : leur date butoir tombe donc au 5 octobre 2030. Ceux qui ont obtenu leur permis après cette date disposent de dix ans à compter de leur propre délivrance.
Une formation gratuite, sans examen, en ligne ou en salle
Dans la pratique, la remise à niveau n’a rien d’un obstacle. Elle est gratuite, elle n’est pas sanctionnée par un examen, et elle est organisée par les fédérations départementales, en présentiel ou à distance selon les départements.
Le format le plus répandu tourne autour d’une demi-journée, souvent découpée en quatre modules que l’on peut enchaîner à son rythme en ligne : présentation du dispositif et statistiques d’accidentologie, analyse de cas réels, rappels sur la sécurité individuelle et la manipulation des armes, puis rôle de la fédération et schéma départemental de gestion cynégétique. La Fédération des chasseurs de la Charente précise par exemple qu’il faut être âgé d’au moins 16 ans, être titulaire du permis, et qu’une attestation est éditable depuis l’espace adhérent dès le lendemain. La Fédération de l’Oise, citée par Chassons.com, propose elle aussi une session d’environ une demi-journée doublée d’un parcours à distance.
Pourquoi il ne faut pas viser 2030
La sanction est simple et sans nuance : passé l’échéance, un chasseur qui n’est pas à jour de sa remise à niveau ne peut plus faire valider son permis. Autrement dit, l’oubli ne se traduit pas par une amende mais par une saison blanche, découverte au pire moment — au guichet, à quelques jours de l’ouverture. Plusieurs fédérations invitent d’ailleurs leurs adhérents à ne pas concentrer la démarche sur la dernière année, pour des raisons évidentes de capacité d’accueil.
Reste la question que se posent les chasseurs les plus expérimentés : à quoi bon, après trente ou quarante ans de pratique ? L’argument est moins théorique qu’il n’y paraît. Selon le bilan annuel de l’OFB pour la saison 2025-2026, relayé par la presse spécialisée, 92 accidents ont été recensés — un niveau stable depuis six saisons — mais seulement quatre accidents mortels, le chiffre le plus bas jamais enregistré en France. Sur vingt ans, le nombre total d’accidents a reculé d’environ 49 % par rapport à 2006. Deux données méritent l’attention : les auto-accidents, où le chasseur est sa propre victime, représentent désormais 39 % du total, et dix non-chasseurs ont été blessés sur la dernière saison. Ce sont précisément les situations que quelques heures de rappel sur la manipulation et les angles de tir visent à éviter.
Ce qu’il faut faire, dans l’ordre
Si vous chassez cette saison : vérifiez auprès de votre fédération départementale la date de délivrance inscrite sur votre permis, et demandez où vous en êtes de votre décennale. Si vous reprenez après une interruption : contactez le guichet unique, préparez votre assurance et vos redevances, et profitez-en pour caler la remise à niveau dans la foulée. Dans les deux cas, la démarche est gratuite et se fait souvent depuis chez soi.
Pour le reste des formalités de la saison, notre article sur les dates d’ouverture de la chasse 2026 département par département récapitule ce qu’il faut vérifier avant de partir. Et si vos démarches touchent aussi à la détention d’armes, notre guide sur le compte SIA et le seul lien fiable pour s’y connecter évitera quelques mauvaises surprises.
Sources
- Loi n° 2019-773 du 24 juillet 2019 — Légifrance
- Arrêté du 5 octobre 2020 relatif à la sécurité en matière d’activité cynégétique — Légifrance (JORF du 15 octobre 2020)
- La sécurité à la chasse et les bilans d’accidentologie — Office français de la biodiversité
- Remise à niveau décennale obligatoire — Fédération départementale des chasseurs de la Charente
- Le permis de chasser n’a pas de date de péremption mais une échéance se profile pour 2030 — Chasse Passion, 7 septembre 2026
- Formation décennale à la chasse : faut-il vraiment attendre 2030 pour la faire ? — Chassons.com, 7 septembre 2026

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