
Un pirate affirme détenir près de 600 000 fiches de licenciés de la Fédération française de tir, avec des photos d’identité et des certificats médicaux. La fédération n’a rien confirmé à ce jour, mais un an après la fuite de 2025, la prudence s’impose. Ce que l’on sait, ce qui reste à vérifier, et les six réflexes à adopter.
Ce que revendique le pirate
Le 17 octobre 2026, un pirate se présentant sous le pseudonyme « ChimeraZ » a mis en vente sur un forum cybercriminel une archive d’environ 40 Go qu’il attribue aux systèmes de la Fédération française de tir (FFTir). Selon ses déclarations, relayées par plusieurs sites spécialisés en cybersécurité, elle contiendrait :
- 586 854 fiches de licenciés et d’anciens licenciés ;
- environ 64 000 photos d’identité ;
- environ 19 000 documents, parmi lesquels figureraient des certificats médicaux.
Les fiches comprendraient notamment les noms, prénoms, dates de naissance, adresses postales, coordonnées et informations de licence. Le site Fuites Infos, qui a examiné l’échantillon publié avec l’annonce, y a trouvé 200 licenciés distincts répartis dans une centaine de clubs alsaciens, dont 25 dans des catégories jeunes.
D’après FrenchBreaches, le pirate serait entré grâce à un compte dépourvu de double authentification, puis aurait exploité une faille donnant accès à des fiches à partir de leurs identifiants internes. Ce scénario n’a pas été confirmé officiellement.
Ce qui est confirmé, et ce qui ne l’est pas
À la date du 21 octobre 2026, la FFTir n’a publié aucun communiqué sur cette nouvelle revendication : sa page consacrée aux incidents de sécurité ne mentionne que l’intrusion d’octobre 2025. Les chiffres ci-dessus reposent donc sur les déclarations du pirate.
Plusieurs questions restent ouvertes : s’agit-il d’une nouvelle intrusion, d’un accès qui n’aurait jamais été entièrement refermé, ou de données plus anciennes remises en vente ? Aucun élément public ne permet encore de trancher. La présence de certificats médicaux, si elle se confirme, marquerait en revanche une différence nette avec 2025.
Un point rassurant, rappelé par FrenchBreaches : figurer dans un fichier de licenciés ne dit pas si l’on détient une arme, ni où elle est rangée.
Le précédent d’octobre 2025
La fédération a déjà été piratée il y a un an. Dans son communiqué du 23 octobre 2025, la FFTir indiquait qu’une intrusion avait eu lieu entre le 18 et le 20 octobre 2025. Les données susceptibles d’avoir été compromises étaient le numéro de licence, l’état civil, l’adresse postale, l’adresse e-mail et le numéro de téléphone. Selon la fédération, aucune donnée médicale, bancaire ou relative à la détention d’armes n’était concernée.
Le parquet de Paris a ouvert une enquête. Selon les éléments communiqués à l’époque, environ 250 000 licenciés actifs et 750 000 anciens adhérents étaient touchés. Un jeune homme de 18 ans, soupçonné d’avoir participé à la fuite et à la revente des données, a été mis en examen en janvier 2026.
Dans les mois qui ont suivi, des vols d’armes chez des tireurs ont été signalés, dont un commis par un faux policier à Nice, et des cambriolages de licenciés dans les Bouches-du-Rhône. Les enquêteurs ont étudié l’hypothèse d’un lien avec la fuite, sans que ce lien soit officiellement établi pour tous les cas. C’est ce contexte qui rend la nouvelle revendication sensible.
Les 6 réflexes à adopter dès maintenant
Que la nouvelle fuite soit confirmée ou non, les données de 2025 circulent déjà. Ces réflexes reprennent les consignes de la FFTir et de cybermalveillance.gouv.fr.
- Un appel pour « venir chercher vos armes » est une arnaque. La police, la gendarmerie et la douane ne vous appelleront jamais pour récupérer vos armes à la suite de cette fuite. Ne donnez aucune information, notez le numéro et appelez le 17.
- Quelqu’un se présente chez vous ? N’ouvrez pas. Demandez à voir la carte professionnelle et appelez le 17 pour vérifier.
- Méfiez-vous des messages qui vous connaissent. Un e-mail ou un SMS qui cite votre nom, votre club ou votre numéro de licence n’est pas une preuve d’authenticité. Ne cliquez sur aucun lien : contactez l’organisme par ses coordonnées officielles.
- Sécurisez votre espace licencié. Choisissez un mot de passe que vous n’utilisez nulle part ailleurs, et activez la double authentification dès qu’elle vous est proposée. Pour le SIA, passez uniquement par le seul lien officiel.
- Gardez les preuves et portez plainte en cas d’usage frauduleux : messages, numéros, adresses de sites, captures d’écran. Commissariat, gendarmerie ou procureur.
- Faites valoir vos droits. Pour toute question, la FFTir indique les adresses incident@fftir.org et dpo@fftir.org. Vous pouvez aussi saisir la CNIL si vous estimez que vos données n’ont pas été suffisamment protégées.
Enfin, un conseil de bon sens : évitez d’afficher publiquement votre pratique du tir, vos achats ou votre matériel sur les réseaux sociaux tant que la situation n’est pas éclaircie.
Et pour vos démarches d’armes
Cette fuite ne concerne pas le SIA, le système de l’État où sont déclarées les armes. Mais les escrocs profitent souvent de ce genre d’affaire pour envoyer de faux liens de connexion. Notre guide du compte SIA et du râtelier numérique rappelle la seule adresse officielle et les démarches à faire soi-même.
Cet article sera mis à jour si la Fédération française de tir communique sur cette revendication.
Sources
- Communication relative à un incident de sécurité, Fédération française de tir, 23 octobre 2025
- Violation de données personnelles de la FFTir : situation, risques et recommandations, Cybermalveillance.gouv.fr, mis à jour le 9 juin 2026
- Fédération française de tir : près de 600 000 licenciés visés par une nouvelle fuite de données, FrenchBreaches, 17 octobre 2026, mis à jour le 18 octobre
- Fédération Française de Tir : fuite revendiquée visant 586 854 personnes, Fuites Infos, 17 octobre 2026
- FFTir : 40 Go de données revendiqués, Cyberattaque.org
- Vol d’armes par un faux policier chez un tireur niçois, Mac4Ever, 17 novembre 2025, d’après Le Figaro
- Fuite de données et cambriolages ciblés dans les Bouches-du-Rhône, Breizh-info, 24 février 2026
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