L’essentiel en 20 secondes
- C’est quoi ?
- Le successeur du Vesta Sentinel, présenté à l’IWA 2026 et désormais vendu en France. Il abandonne le .50 pour le .68, sur capsule CO2 de 12 g.
- Ça vaut le coup ?
- Oui si vous partez de zéro et raisonnez sur la durée, le .68 coûtant nettement moins cher à tirer. Non si vous voulez du volume de feu : le Sentinel tire 12 coups contre 5.
- Le piège ?
- 19,9 joules annoncés pour un plafond légal à 20. L’extension de canon vendue à côté pourrait faire basculer l’arme en catégorie C.
Précision d’honnêteté : nous n’avons pas encore eu ce pistolet en main. Cette page rassemble les données constructeur, les fiches revendeurs et notre expérience du Sentinel, que nous avons testé. Elle deviendra un test complet dès que nous aurons l’arme au stand.
Vous savez déjà ce que vous cherchez ? Passez directement aux trois revendeurs et à leurs tarifs.
Le P68 Guardian, c’est quoi au juste
Le successeur du Sentinel change de calibre et passe au .68.
Vesta ne remplace pas le Sentinel par une simple mise à jour. La marque change de calibre. Le Vesta P68 Guardian passe au .68, le format que tout le secteur du less-lethal a fini par adopter, et il arrive avec une promesse simple : la même philosophie de plateforme, mais dans une munition qu’on trouve partout.

Une remarque sur le nom, parce qu’elle vous évitera de tourner en rond dans les moteurs de recherche. Vesta Defense communique sur « P68 Guardian ». Les revendeurs français, eux, l’ont référencé sous « Vesta Guardian 68 » ou « Vesta 68 Guardian ». Trois écritures, une seule arme. Et surtout, ne la confondez pas avec l’Umarex T4E IMPAX P68, qui porte lui aussi « P68 » dans son nom pour 16 joules, ni avec le Guardian Angel de Piexon, qui n’a rien à voir. Cherchez le nom complet.
Un point de vocabulaire mérite aussi d’être posé, parce qu’il crée pas mal de confusion sur les forums. Vesta décrit officiellement le Guardian comme un real action marker, un marqueur. C’est le vocabulaire du fabricant, hérité du monde du paintball dont vient le calibre .68. Dans les faits, l’arme est vendue et pensée pour la défense du domicile, exactement comme le Sentinel avant elle. Le mot change, l’usage non.
Sentinel .50 contre Guardian .68 : ce qui change vraiment
Cinq différences concrètes, dont deux qui pèsent sur le budget.
C’est la vraie question, et nous sommes bien placés pour y répondre : le Sentinel, nous l’avons testé. Voilà les différences qui comptent.
Le calibre, et donc les munitions
Le Sentinel tire du .50. Le Guardian passe au .68, soit 17,3 mm de diamètre. À énergie quasi identique, 19,5 joules annoncés pour le Sentinel contre 19,9 pour le Guardian, une bille .68 part moins vite mais frappe sur une surface bien plus large. C’est le compromis classique du less-lethal : moins de pénétration, plus de transfert d’énergie.
Mais le vrai gain est ailleurs, il est logistique. Le .68 est le calibre le plus répandu du marché : balles rondes T4E, balles de précision en caoutchouc, billes de poudre marquante, projectiles poivre. Vous en trouvez chez tous les revendeurs, à tous les prix. Le .50 vous enferme dans un catalogue plus étroit. Quand on tire régulièrement à l’entraînement, cette différence se voit sur la facture à la fin de l’année.
La capacité, et c’est la mauvaise nouvelle
Le Sentinel monte à 12 coups. Le Guardian s’arrête à cinq, dans un chargeur tubulaire intégré qui ne s’échange pas. Aucun accessoire ne change cette valeur, ni le kit carabine, ni l’extension de canon. Sur une arme de défense du domicile, cinq départs avant rechargement manuel, c’est un choix assumé qu’il faut connaître avant de commander. Si le volume de feu compte pour vous, c’est le point qui doit vous faire hésiter.
Le chargement du CO2
Vesta a retravaillé son système de perçage, rebaptisé QuickPiercer. La capsule de 12 g se loge dans la poignée sans être percée : une manipulation à la base de la crosse l’active au moment voulu. L’intérêt dépasse le confort. Les joints d’étanchéité, premier point d’usure de toute plateforme CO2, ne travaillent pas pendant le stockage. Sur le Sentinel, le perçage à la mise en place obligeait à consommer la capsule dès l’installation, et c’était le reproche le plus fréquent des utilisateurs.

La sûreté et le témoin de pression
Nouveauté appréciable : une sûreté de détente doublée d’un témoin de mise sous pression, que Vesta appelle Live dot. Vous voyez d’un coup d’œil si l’arme est sous gaz. Sur un pistolet destiné à rester dans un tiroir pendant des mois, et dont la capsule peut désormais rester en place sans être percée, cette information devient nécessaire : approvisionné ne veut plus dire opérationnel.

La modularité
Côté interfaces, deux rails Picatinny, l’un sur le dessus, l’autre sous le canon, pour un point rouge et une lampe. Un kit de conversion carabine Spear Kit à 79 €, une extension de canon Tachyon-G à 29 €, et l’écosystème d’accessoires Vesta 24/7 derrière. La marque pousse plus loin la logique de plateforme qu’elle avait amorcée avec le PDW 50. Le Guardian n’est pas conçu comme un objet fini mais comme une base qu’on fait évoluer. Détail qui compte au déballage : la mallette rigide Vesta Hard Case est fournie d’origine.


Deux fonctions dont personne ne parle
Le film de présentation de Vesta annonce deux équipements que nous n’avons retrouvés sur aucune fiche revendeur française, et qui méritent d’être signalés parce qu’ils changent la lecture du produit.
Le premier est un brise-vitre. Les crans usinés à l’avant de la carcasse ne sont pas décoratifs : Vesta les présente comme un glassbreaker. Sur une arme pensée pour le domicile et pour le véhicule, c’est une fonction utilitaire réelle, pas un argument de plaquette.

Le second est le Flashloader, un dispositif de rechargement rapide, que Vesta résume d’une formule : « double the firing ». Sur une arme limitée à cinq coups par un chargeur non amovible, un accessoire qui accélère le rechargement répond directement à la principale faiblesse du modèle. Vesta le catalogue parmi les accessoires de la plateforme, aux côtés du kit carabine et du Power Booster.

Fiche technique complète
Toutes les données constructeur réunies en un tableau.
| Caractéristique | Vesta P68 Guardian |
|---|---|
| Marque | Vesta Defense |
| Calibre | .68 (17,3 mm) |
| Énergie annoncée | 19,9 joules |
| Portée annoncée | Jusqu’à 30 mètres |
| Propulsion | CO2, capsule 12 g, système QuickPiercer |
| Chargeur | Tubulaire intégré, 5 coups, non amovible |
| Fonctionnement | Semi-automatique, détente double action |
| Sécurité | Sûreté de détente et témoin de pression Live dot |
| Longueur | 245 mm |
| Poids | 697 g |
| Matériaux | Coque et culasse en polymère renforcé, canon aluminium |
| Interfaces | Rail Picatinny supérieur et inférieur |
| Brise-vitre | Intégré à l’avant de la carcasse |
| Munitions | Balles rondes T4E, caoutchouc de précision, poudre marquante, poivre |
| Livré avec | Mallette rigide Vesta Hard Case |
| Garantie | 2 ans |
| Classement légal | Catégorie D, vente libre aux majeurs |
| Prix constaté | 179 € |
Deux mentions méritent d’être décodées, parce qu’elles se contredisent en apparence. Les fiches annoncent à la fois « semi-automatique » et « double action » : ce n’est pas une erreur. Le mécanisme réarme seul entre deux départs, mais la détente arme puis libère d’un seul mouvement. Concrètement, attendez-vous à une course longue et à un poids de départ supérieur à ce que donne une simple action. Sur une arme de défense, ce n’est pas forcément un défaut.
Les 697 grammes sont élevés pour une carcasse polymère. La masse vient du canon aluminium et de la capsule logée dans la crosse, et elle joue dans les deux sens : elle stabilise au moment du départ, elle fatigue le poignet sur une série longue. Avec 245 mm hors tout, on est au format d’un pistolet pleine taille. Cette arme ne se dissimule pas, elle se range.
Le chiffre que personne ne communique
Vesta ne publie pas le nombre de tirs par capsule.
Voilà ce que les autres pages ne vous diront pas, et c’est la donnée la plus gênante du dossier : Vesta ne publie pas le nombre de tirs par capsule de 12 g. Ni la fiche constructeur, ni les fiches revendeurs. Nous avons cherché, elle n’existe nulle part à ce jour.
Ce n’est pas un détail cosmétique. Cette valeur conditionne le budget en consommable et la préparation d’une séance d’entraînement. Elle détermine aussi combien de capsules vous devez garder d’avance pour une arme de domicile. Notre conseil en attendant : prévoyez large sur la réserve de 12 g, tant que le chiffre reste inconnu.
Un second point n’est pas documenté non plus : la décroissance de pression sur les cinq départs. On sait qu’elle existe, sur toute plateforme CO2 le dernier projectile part avec moins d’énergie que le premier. Personne n’en donne l’amplitude. C’est précisément ce que nous mesurerons au chronographe dès que nous aurons l’arme.
Catégorie D : 0,1 joule de marge
Vente libre aux majeurs, mais prudence sur les accessoires.
Avec 19,9 joules annoncés, le Guardian passe sous le seuil des 20 joules. Il relève donc de la catégorie D : achat libre pour les majeurs, sans déclaration ni licence. C’est le même régime que le Sentinel, que le TPX50 Gen2 ou que la plupart des pistolets de défense CO2 vendus en France.
Regardez bien ce chiffre : 19,9 contre un plafond à 20. Un dixième de joule. Rien d’accidentel là-dedans, c’est un positionnement commercial qui exploite presque toute la marge disponible. Et qui appelle une vraie prudence sur les accessoires.
L’extension de canon Tachyon-G est vendue 29 € à côté de l’arme. Sur une plateforme CO2, une rallonge de canon augmente généralement l’énergie de sortie. Avec 0,1 joule de marge, la question devient sérieuse : un montage qui ferait franchir les 20 joules basculerait l’arme en catégorie C, avec déclaration obligatoire. Aucune fiche ne chiffre l’effet de cette extension. Nous posons la question à l’importateur et nous mettrons cette page à jour. En attendant, considérez que monter cette extension vous engage.

Deux rappels qui sauvent des ennuis. Catégorie D ne veut pas dire port libre : transporter cette arme sur soi en dehors de chez vous, sans motif légitime, reste interdit. Sa place est au domicile. Et les projectiles poivre relèvent d’un régime propre, distinct de celui de l’arme qui les envoie. Vérifiez la conformité des munitions que vous commandez, elle ne découle pas automatiquement de celle du pistolet.
Face aux .68 déjà disponibles en France
Où il se place face au TR68 Gen 2 et au HDX 68.
Le Guardian n’arrive pas sur un marché vide. Deux .68 tiennent déjà le haut du panier chez nous, et nous les avons testés tous les deux.
L’Umarex TR68 Gen 2 reste la référence du revolver .68 : simple, robuste, sans électronique, avec une réputation de fiabilité que peu d’armes atteignent dans cette gamme. L’Umarex HDX 68 joue une autre carte, celle du volume de feu et de la prise en main type fusil à pompe.
Face à eux, le Guardian se place à un autre endroit : format pistolet pleine taille, énergie au ras du plafond légal, et cette logique de plateforme évolutive que ni le TR68 ni le HDX ne proposent.
Si vous cherchez une arme que vous ferez évoluer avec des optiques, une lampe et un kit carabine, c’est là qu’il prend son sens. Si vous voulez du volume de feu ou une arme qui fonctionne dès la sortie du carton sans y penser, les cinq coups du Guardian et son chargeur non amovible pèsent lourd dans la balance, et le TR68 reste difficile à prendre en défaut.
Pour une vue d’ensemble, notre comparatif des meilleurs pistolets de défense et notre top 5 des pistolets 20 joules replacent chaque modèle dans son usage.
Sentinel ou P68 Guardian : lequel choisir ?
Deux logiques différentes, pas une hiérarchie.
Les deux sont en vente, au catalogue de la même marque et chez les mêmes revendeurs. La question n’est donc pas d’attendre, elle est de trancher. Voilà les deux fiches côte à côte.
| Vesta Sentinel | Vesta P68 Guardian | |
|---|---|---|
| Calibre | .50 | .68 |
| Énergie annoncée | 19,5 joules | 19,9 joules |
| Capacité | 6 coups, extensible à 12 | 5 coups, chargeur non amovible |
| Longueur | 222 mm | 245 mm |
| Poids | 700 g | 697 g |
| Prix constaté | 209 € en pack luxe | 179 €, mallette rigide incluse |
Prenez le Sentinel si le volume de feu compte. Douze coups contre cinq, l’écart est trop large pour se rattraper ailleurs, et sur une arme de défense du domicile c’est souvent l’argument qui décide. Vous gagnez aussi une mécanique éprouvée par des mois de retours utilisateurs, ce qu’aucune arme sortie cette semaine ne peut offrir. Si vous avez déjà du .50 en stock ou si un des packs Sentinel vous met munitions et capsules dans la boîte, l’affaire est entendue.
Prenez le Guardian si vous raisonnez sur la durée. Le .68 est le calibre le plus répandu du marché, donc le moins cher à tirer année après année, et c’est celui vers lequel Vesta oriente désormais toute sa gamme. Vous y gagnez le stockage de capsule sans perçage, le témoin de pression, le brise-vitre, deux rails Picatinny et une famille d’accessoires qui existe déjà. Il coûte trente euros de moins que le pack Sentinel, mallette rigide comprise.
Notre lecture, en une phrase : le Sentinel reste le meilleur choix pour qui veut une arme finie et beaucoup de coups, le Guardian pour qui veut une base à faire évoluer et une munition bon marché. Deux logiques différentes, pas une hiérarchie.
Un point de vigilance avant de commander le Guardian, quand même. Deux données manquent encore à son dossier : le rendement par capsule de CO2, que Vesta ne publie pas, et l’effet du Power Booster sur l’énergie de sortie, avec seulement un dixième de joule de marge avant le seuil des 20 joules. Aucune des deux n’est rédhibitoire, mais vous méritez de les connaître avant de sortir la carte bancaire. Nous les documenterons dans notre test.
Les vidéos à voir
Trois sources, du film officiel à la prise en main sur salon.
Trois vidéos valent le détour, et elles ne racontent pas la même chose.
Le film officiel Vesta. Deux minutes trente d’animation 3D qui détaillent chaque fonction avec son libellé. C’est la source la plus complète sur les équipements, et c’est là que le brise-vitre et le Flashloader apparaissent. Aucune image de tir réel en revanche, tout est en images de synthèse.
La prise en main sur le stand IWA, en néerlandais, avec l’arme démontée et le kit carabine monté devant la caméra. Utile pour se faire une idée des proportions réelles, que les rendus 3D flattent toujours un peu.
La présentation en français, la plus longue et la plus riche en contexte, avec le représentant Vesta. On y voit les munitions V.E.N.O.M. en bocal, le kit carabine Vector et le holster QD Pro. C’est aussi là que la filiation avec le Sentinel est posée explicitement.
Où acheter le Vesta P68 Guardian
179 € chez les trois revendeurs, mallette rigide comprise.
L’arme est référencée en France à 179 € chez les trois revendeurs que nous suivons, mallette rigide comprise. Les premières commandes partent en précommande, avec une expédition annoncée sous une dizaine de jours. Le prix est identique partout au moment où nous écrivons, choisissez donc selon vos habitudes de livraison.
Côté accessoires, comptez 79 € pour le kit de conversion carabine Spear Kit et 29 € pour l’extension de canon Tachyon-G. Prévoyez aussi vos capsules de 12 g et vos projectiles .68, qui ne sont pas fournis.
Questions fréquentes
Sept réponses courtes aux questions qui reviennent.
Le Vesta P68 Guardian est-il en vente libre en France ?
Oui. Avec 19,9 joules annoncés, il reste sous le seuil des 20 joules et relève de la catégorie D : achat libre pour les personnes majeures, sans déclaration ni permis. Le port sur la voie publique reste en revanche interdit sans motif légitime.
Combien coûte le Vesta P68 Guardian ?
179 € chez les revendeurs français au moment de sa mise en vente, mallette rigide Vesta Hard Case comprise. Les accessoires sont vendus séparément : 79 € pour le kit carabine Spear Kit, 29 € pour l’extension de canon Tachyon-G.
Quelle différence avec le Vesta Sentinel ?
Le calibre d’abord : le Sentinel tire du .50, le Guardian du .68, beaucoup plus répandu et donc moins cher à l’usage. Ensuite le système QuickPiercer, qui permet de stocker la capsule sans la percer, et le témoin de pression Live dot. Le Sentinel garde un avantage net sur la capacité, 12 coups contre 5.
Combien de coups par capsule de CO2 ?
Vesta ne communique pas cette valeur, et aucune fiche revendeur ne la reprend. C’est la donnée manquante la plus gênante du dossier. Nous la mesurerons au chronographe dès que nous aurons l’arme au stand.
Le chargeur de 5 coups peut-il être remplacé ?
Non. Le chargeur tubulaire est intégré à l’arme et non amovible. Aucun accessoire de la gamme, kit carabine compris, n’augmente cette capacité.
Peut-on tirer des projectiles poivre avec ?
L’arme accepte les projectiles poivre en .68, aux côtés des balles rondes T4E, des balles de précision en caoutchouc et des billes de poudre marquante. Attention toutefois : ces munitions relèvent d’un régime légal distinct de celui de l’arme, et leur conformité doit être vérifiée séparément.
Le Guardian remplace-t-il définitivement le Sentinel ?
C’est ainsi que Vesta le présente. Le Sentinel reste disponible et parfaitement pertinent, notamment en pack, mais la marque oriente clairement sa gamme vers le .68.
Ce que nous ferons ensuite
Cette page sera mise à jour dès que nous aurons le Guardian au stand : mesures de vitesse et d’énergie réelles, nombre de tirs effectifs par capsule, décroissance de pression sur les cinq départs, groupements à 5 et 10 mètres, tenue de la détente double action, et surtout l’effet de l’extension Tachyon-G sur l’énergie de sortie. Mettez-la en favori si le sujet vous intéresse, elle changera.

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